Avant de parler des bénéfices de la culture du coton biologique, je vais vous exposer les inconvénients (et le mot est faible) de la culture du coton conventionnel.

 

Ce qui faut savoir c'est que le cotonnier est une plante très vulnérable aux insectes et aux maladies. Les attaques d'insectes détruisent 15% de la production mondiale annuelle (ex : ver rose du cotonnier, charançon de la capsule, chenille epineuse, ver rouge de la capsule, les dysdercus, mouches blanches, pucerons, nématodes…) Comme maladies les plus courantes nous trouvons : pourriture des capsules, fusariose, verticilliose, rhizoctone noir, flétricessement du cotonnier, pourriture des racines...

 

Pour lutter contre tout cela et avoir de gros rendements, l'agriculture conventionnelle utilise :

- des pesticides : jusqu’à 40 aspersions par cycle de production (environ tous les 3 jours), 25% du chiffre d ’affaire des pesticides vendus dans le monde, DDT encore utilisé dans certaines pays

- des herbicides : pour lutter contre les mauvaises herbes

- des défoliants : dont un dérivé de l ’Agent Orange, le Paraquat tue la plante, élimine les feuilles et dégagent les capsules, il permet ainsi la mécanisation du ramassage

- des engrais chimiques : à cause l'appauvrissement des sols dû à la culture intensive

- un arrosage intensif et l'irrigation : 73% des surfaces sont irrigués, ce qui a entrainé une catastrophe majeure, l'assèchement de la mer d'Aral.

- on trouve également des traitements pour faciliter la filature.

- le travail des enfants est utilisé pour ramasser le coton dans les champs dans les pays peu industrialisés sinon tout ce fait mécaniquement, bien que ce traitement abîme les capsules.

- utilisation de coton OGM un coton résistant aux herbicides qui représente 14% des surfaces cultivées dans le monde et 75% de la production des Etats-Unis. Il ne réduit pas l ’utilisation des pesticides et herbicides, il entraine le surendettement des paysans dans les pays pauvres. Sa toxicité est averée par des décès d'animaux en consommant.

 

En conclusion : la culture conventionnelle du coton entraine pollution des eaux, abaissement des nappes phréatiques, érosion et salinisation des sols, avancées du désert.
Dans les pays pauvres : affaiblissement des sols, endettements des paysans, perte de leur indépendance, empoisonnement de leur famille par les très nombreux traitements chimiques.

 

La culture du coton biologique :

Elle représente 1/1000ème du marché mondial.
- Elle assure la rotation des cultures ex : au Mali la culture du coton alterne avec celle du sésame et du karité.
- Les engrais sont des engrais naturels : le compost, le fumier, le guano d ’oiseaux des mers.
- Des pesticides écologiques sont utilisés :phéromones, guêpes insectivores, éclaircissement des champs : retrait des plants infectés, extrait végétaux comme le Neem, détection précoce, maitrise de l’irrigation : éviter le stress dû à un excès d ’eau ou d ’azote, plantes piégeuses d’insectes, urine de vache ...
- Utilisation de l ’eau de pluie : au bout de 2 ans, la terre a été rendue plus fertile et stocke davantage d’eau
- Maintien de la biodiversité qui régule la présence d’insectes et lutte contre le développement des maladies.
- Protection des nappes phréatiques


Le coton ainsi cultivé est de meilleure qualité car exempt de métaux lourds qui fragilisent les fibres

L'état de santé des producteurs est amélioré.
Des emplois sont créés grâce à la récolte manuelle qui abime moins les fibres.
Le travail des enfants est interdit et celui des adultes est librement consenti il n'y a pas de discrimination (ethnie, sexe, religion…), liberté d ’association et les négociations collectives sont autorisées, les salaires et horaires de travail sont décents.
Les usines sont plus récentes, avec un port de matériel adapté, un niveau de bruit acceptable, pas d'utilisation de formaldéhyde, de colorants azoïques, cancérigènes, mutagènes, allergènes, toxiques ou potentiellement sensibilisants lors du traitement des fibres de coton.
Il n'y a pas d'utilisation de chlorophénols, de PCB ou de composés organostatiques pour le transport et le stockage des marchandises.
Le processus de blanchiment est sans chlore mais à l'eau oxygénée (la couleur naturelle du coton est beige claire, voire marron pour certaines variétés)
Pour le paraffinage des bobines de fil, on utilise de l'huile végétale biodégradable à 90%.
La totalité des eaux résiduaires est prétraitée sur site, puis dépolluée dans une station d'épuration.
Les ateliers sont choisis proches des lieux de production de la matière première pour réduire les transports au maximum, et si le transport est nécessaire, on privilégie le transport maritime. C'est pourquoi les vêtements que nous vendons ne sont pas fabriqués en France mais sur le lieu de culture du coton.

 

En espérant vous avoir informé et éclairé sur la nécessité de développer le mode de production biologique.